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Définitions

 


« Peu importe la nature de l’activité, qu’elle soit cinématographique, télévisuelle, ou interactive, le réalisateur ou la réalisatrice est responsable de la cohérence de l’œuvre audiovisuelle. De la page écrite ou des indications dessinées, naîtront des sons, des ambiances, des récits en images, une rythmique, un concert des forces. Visant l’harmonie de tous les éléments mis à contribution, le réalisateur ou la réalisatrice érige une structure qui se veut à la fois solide et transparente. Comme en architecture, il ou elle cherche à combiner poésie, art, efficacité et économie. »

Philippe Baylaucq, à l’occasion du 40e anniversaire de la SRC


L'art et le métier

La réalisation est un geste personnel, un geste d’expression et de création. Il n’y a pas de recette, pas de méthode. Le plus important n’est pas de chercher la lumière ou l’endroit idéal où placer la caméra mais bien de savoir ce que l’on veut dire.

Il est évidemment essentiel de connaître les techniques de base du métier comme l’écrivain apprend la grammaire, le futur peintre va à l’École des Beaux Arts et l’apprenti musicien au Conservatoire. Mais ni les écoles ni la technique ne font les artistes.

Le talent n’est pas abstrait, c’est quelque chose de très réel qui s’apprivoise et se développe. Il faut un minimum de culture, la capacité de formuler et de communiquer une vision et beaucoup de curiosité et de travail.

Anne Claire Poirier


La fiction

Le genre “ glamour ” du métier, celui qui fait rêver ! La fiction est essentiellement basée sur la capacité du réalisateur à raconter une histoire efficacement. Plusieurs éléments entrent en jeu. Il y a d’abord le scénario, le choix d’une équipe et des comédiens, la mise en scène, le rythme, le montage, la bande sonore… Tout cela sous la direction du réalisateur qui devient chef d’orchestre.

Le scénario est la base d’un film de fiction qu’il soit issu d’une idée originale ou le produit d’une adaptation. Il est très important de s’y sentir confortable pour en entreprendre la réalisation.

Que le scénario soit écrit par le réalisateur ou par un autre ou en collaboration, le film, le résultat cinématographique sera, pour le meilleur ou pour le pire, l’œuvre du faiseur d’images, le réalisateur.

Comme le documentaire, le film de fiction doit retenir l’attention et préserver l’émotion. Le réalisateur doit posséder à la fois l’esprit d’analyse et l’esprit de synthèse. Le plus grave danger couru est de perdre le contrôle.

Anne Claire Poirier


L’animation

Le cinéma d’animation ne cherche pas à suivre le flux de la vie, mais à le cristalliser et à le contredire. Dès 1880, Émile Reynaud allonge indéfiniment la bande porteuse d’images successives, toutes légèrement différentes, pour réaliser les charmants tableaux de son Théâtre optique. Quelques années plus tard, avec Émile Cohl, nous nous trouvons devant la première œuvre, devant le premier style du cinéma d’animation.

Les animateurs se sont multipliés et la diversité de leur imaginaire leur a permis de développer des nouvelles techniques souvent économiques qui ont aidé des créateurs isolés, démunis ou débutants à s’exprimer. Pensons à Norman McLaren qui, dès ses débuts a utilisé une combinaison d’animation d’objets, d’effets optiques et de prises de vues réelles pour ensuite passer, entre autres, à des images dessinées, peintes ou gravées sur la pellicule.

On peut considérer l’écran d’épingles d’Alexeïeff comme le premier système mécanique d’images animées, comme un outil comparable à une photogravure indéfiniment modelable. Ces différentes techniques sont toujours utilisées par les créateurs qui continuent d’inventer des approches originales. Les réalisateurs de films d’animation nous entretiendront de ces techniques et de leurs pratiques personnelles.

Avec les nouvelles technologies, on peut se demander jusqu’où ira la pratique de cette forme d’art cinématographique la plus pure.

Anne Claire Poirier


La télévision

Vaste sujet que celui de la production télévisuelle au Québec. Elle est foisonnante, abondante et fédératrice depuis son apparition et a fait sa place comme l’un des piliers de notre culture. Sa diversité et sa qualité sont reconnues sur la scène internationale. Malgré l’omniprésence des chaînes américaines, la population québécoise préfère avant tout sa production nationale et cela se confirme par son adhésion et sa fidélité aux contenus qui traitent des multiples facettes de sa réalité. D’ailleurs, on ne compte plus les études sociologiques et statistiques qui exposent et confirment les relations extrêmement étroites du public québécois avec SA télévision. Évidemment, les raisons qui expliquent ce phénomène sont avant tout culturelles, mais aussi politiques, économiques et géographiques. Chose certaine, pour les spécialistes de la question, nous sommes un exemple presque unique au monde. Dès 1974, une étude commandée par l’UNESCO à ce sujet le confirme : en matière de télévision, tant par le volume de sa production que la fidélité de son auditoire, le Québec représente une exception culturelle sur la scène internationale.

Au début des années 80 on assiste à la multiplication des chaînes. C’est le début d’une mutation fondamentale du paysage audiovisuel québécois. Désormais, la télévision s’industrialise et les impératifs commerciaux de la concurrence s’imposent pour privilégier la production privée. Les rapports entre diffuseurs et producteurs vont prendre un nouveau visage et les installer dans une relation de clients vs fournisseurs. Les contenus généralistes vont se standardiser, s’uniformiser et graduellement prendre la couleur de produits consommables, voir jetables.

Du côté des dramatiques, on voit naître les séries lourdes et semi-lourdes. Façonnées à l’américaine, elles seront vite qualifiées de séries de producteurs car elle sont souvent imaginées, développées et scénarisées sans l’apport du réalisateur qui a graduellement été évacué de ces étapes pour n’intervenir qu’au moment de la mise en chantier de la production. Ainsi, le réalisateur a assisté à une érosion de son rôle et de ses fonctions. Conséquemment, son espace créatif s’en est vu de beaucoup réduit. Heureusement, cette tendance n’est pas généralisée et on peut voir, dans le cas de certaines séries de qualité supérieure, les effets positifs d’une véritable ouverture quant à l’apport créatif que le réalisateur est en mesure et en droit de jouer sur tout projet. C’est autour de ces axes que nous voulons aborder les entretiens pour cette section afin de mieux comprendre comment la réalité s’articule aujourd’hui pour ceux et celles qui réalisent la télévision québécoise. Ainsi, au fil des entretiens qui seront reproduits dans le livre, nous souhaitons identifier les territoires à reconquérir car, pour notre profession, il s’agit de l’espace créatif le plus menacé.

Bruno Carrière